Get back Home !
Tes yeux se ferment, tu as le vertige. Le vertige, c'est la peur de tomber qui te serre le ventre, qui te bouffe de l'intérieur et qui t'oblige à garder les yeux fixés sur le danger. Tu es hypnotisé et le danger n'est peut-être pas celui que tu crois. Le vertige, c'est pas seulement la peur du vide. Tu t'essouffles, un hurlement muet déchire tes entrailles et ton coeur bat trop vite.

Ton vertige, c'est moi. Ce qui te dévore, ce sont mes mots.

Abime-toi dans mes bras.


Lilith


Acide sulfurique d’Amélie Nothomb

7 February 2010 - 19:24:36 par Lili Thaw

J’avais mangé l’intégralité de la bibliographie d’Amélie Nothomb en un été, il y a quelques années. Je les empruntais à la bibliothèque par cinq et les échangeais contre cinq autres la semaine suivante. Ca n’a pas pris longtemps avant que je les ai tous achevés. Depuis, elle en a sorti cinq ou six.

Ma grand mère m’a offert Ni d’Eve ni d’Adam pour mon anniversaire à sa sortie et j’avais plus ou moins apprécié. Et puis, finalement, je me suis offert un de ses livres qui me tentais depuis des années : Acide sulfurique. Bon et le Fait du prince, aussi, mais c’est une autre histoire.

Concentration : la dernière-née des émissions télévisées. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme… Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l’audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l’horreur dénoncée.
Etudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Le premier sévice étant la perte de son nom, partant de son identité. Zdena, chômeuse devenue la kapo Zdena, découvre en Pannonique son double inversé et se met à l’aimer éperdument. Le bien et le mal en couple fatal, la victime et le bourreau, la belle et la bête aussi. Quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter et Pannonique joue sa vie…

Les jeux du cirque modernes : téléréalité, voyeurisme, ignominie, bonne conscience, dénonciation moralisante y ont partie liée. Un monde de bêtise et de cruauté, d’hypocrisie bien-pensante où l’individu a perdu toute liberté d’agir puisque tout est récupéré, où même la dénonciation du système appartient au système. Et cependant qui dit victime dit désir de sauver sa peau. En premier chef de reconquérir la faculté de nommer, le début de l’humanité selon Nothomb…

Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallu le spectacle.

J’ai toujours croqué Amélie Nothomb avec un délice un peu pervers. Refermer ses livres a toujours suscité en moi un léger malaise, comme si j’en voulais à la fois plus et que je me serais mieux portée si je n’avais jamais ouvert le livre.

Acide sulfurique n’a pas fait défaut à cette habitude. Ce livre est profondément malsain et le choc est énorme quand on se rend compte que ce n’est pas le livre mais la façon dont Nothomb extrapole la télé-réalité actuelle et de manière général, le monde actuel.

Comme toujours, on se demande “et moi ?” et puis on se dit qu’on ne peut pas savoir, en fait. On admire Pannonique (je dois confesser que la jeune fille avait les traits de Numéro 13, de Dr House, dans ma tête), on méprise Zdena, on espère que ça finira bien et quand ça finit, on se dit que c’est à peu près comme ça que les choses se sont finies, en vrai. Et on en serait presque déçu, tant c’est peur spectaculaire. Et là on se dit qu’en fait, nous aussi, comme tous les autres.

Bon, soyons sérieux trois minutes, Nothomb n’a pas réinventé la littérature ni son style, elle n’a pas écrit un monument ni eu une idée révolutionnaire. Et encore une fois, les noms de ses personnages sont nazes et posent une distance entre le lecteur et eux.

Cela dit, c’est un livre qui fait froid dans le dos, que j’ai avalé en une heure après une dure journée de ski et qui vous emmène voyager un peu. On tente de ne pas trop y réfléchir et on réussi plutôt bien : si Nothomb avait réellement voulu susciter une polémique et un débat, elle aurait allongé l’histoire et précisé pas mal de choses.

Mais c’est Nothomb, son style est incisif, agréable, fluide et elle réussi fort bien à faire ce que j’estime être le but premier de la littérature : divertir.

Je recommande assez chaudement ce livre à tous ceux qui aiment Nothomb, je dirais que c’est un de ses meilleurs (et j’en ai lu pas mal !). A ceux qui n’aime pas Nothomb: l’histoire sort de celles qu’elle raconte d’habitude et présente une situation relativement inédite alors ça vaut le coup aussi !

Ma vie est tout à fait fascinante

6 February 2010 - 17:26:15 par Lili Thaw

M le coiffeur coiffautant a eu la main un peu lourde sur les bouclettes et mes cheveux ne sont pas assez longs pour que je me sente telle une Taylor Momsen radieuse. A peine une Taylor Momsen légèrement frelatée mais peu m’importe, en fait, j’aime le rebondi de la bouclette.

Donc à partir de dorénamaintenant je vais m’acheter une mousse coiffante, un fer à boucler et expérimenter des choses atroces sur ma chevelure jusqu’à ce qu’elle crie grâce.

Au delà du delà de ces choses superficielles que sont mes coiffures et mes fringues, je suis quelqu’un de très culturel, comme gonzesse. Means that je lis beaucoup de livres. Bon, je recommence à lire beaucoup de livres depuis que je zone sur Livraddict, certes. Mais quand même, je suis un peu le type boulimique lettrophage.

Donc en fait, il faudra que je vous glisse un mot sur Acide sulfurique d’Amélie Nothomb et sur Les noces barbares de Yann Quéffélec. Si cela n’intéresse personne, levez la paluche.

Et puis enfin, deux choses : continuez à lire The Witty, même si je suis une gourdasse et que j’ai pas eu le temps de rédiger ma rubrique hebdomadaire. Et faudra que je pense à changer de décor, ici, maintenant que je sens au fond de mon petit corps frêle que c’est bientôt le printemps !